Éducation matérielle et spirituelle : les 30 ans de l’école des Nations

6 janvier 2019

MACAO — Cette année académique, une école internationale d’inspiration bahá’íe à Macao célèbre son 30e anniversaire L’école des Nations est devenue un établissement d’enseignement réputé pour sa rigueur académique et son approche intégrée du développement moral et intellectuel de ses élèves.

« Les fondateurs de l’école ont reconnu la nécessité d’une approche éducative développant les capacités intellectuelles des élèves ainsi que les fondements moraux et spirituels qui les guideront tout au long de leur vie », a déclaré Victor Ali, directeur exécutif de la fondation Badi, l’association des parents de l’école.

« L’école a eu des débuts très modestes. Elle a débuté dans un appartement. Et il y avait plus d’enseignants que d’élèves », ajoute Vivek Nair, directeur de l’école.

L’école des Nations a ouvert ses portes en 1988 avec cinq élèves et sept enseignants. Elle a connu une croissance rapide, attirant près de 100 élèves la deuxième année et près de 200 la troisième année. À terme, le gouvernement de Macao a fait don d’un terrain où un établissement de sept étages a été ouvert en 2008. Ce nouveau bâtiment comprend une bibliothèque qui est aussi accessible au public durant la semaine.

Aujourd’hui, l’école des Nations compte 600 élèves de la maternelle au lycée et 100 enseignants.

« Nous nous considérons comme à la recherche de ce que signifie être une école inspirée par les concepts bahá’ís », a ajouté M. Nair. En s’inspirant de principes tels que l’harmonie entre la science et la religion, l’unité de l’humanité et la recherche indépendante de la vérité, l’école adopte des approches novatrices pour perfectionner et proposer son programme d’enseignement de manière à ce qu’elle repose sur des approches pédagogiques solides.

À ses débuts, les cours de l’école des Nations se déroulaient dans différents immeubles à Macao Diapositives
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À ses débuts, les cours de l’école des Nations se déroulaient dans différents immeubles à Macao

Tout en obtenant une reconnaissance internationale pour ses normes académiques élevées, l’école accorde une importance particulière à ce que les élèves contribuent au bien-être et au progrès de leur société. Les projets de service font partie du programme d’études et les élèves considèrent l’amélioration des conditions matérielles et sociales dans leurs communautés comme un aspect essentiel de leur développement.

L’école sert également Macao de différentes autres manières. Par exemple, les éducateurs de tout Macao utilisent des supports de formation des enseignants, conçus par l’école des Nations. Une université locale envoie des étudiants suivre un stage d’une année dans l’école, où ils apprennent ses méthodes pédagogiques.

L’école des Nations est l’un des 800 établissements d’enseignement inspirés par les concepts bahá’ís dans le monde entier. Au lieu de fournir des programmes d’instruction religieuse ou d’endoctrinement, ces initiatives ont pour objectif principal le développement de la capacité, génération après génération, à contribuer de manière significative à l’amélioration de la société. Elles font partie des nombreux efforts de développement social et économique plus ou moins complexes menés par les bahá’ís, qui reposent sur le principe selon lequel les populations doivent être les protagonistes de leur propre progrès matériel, spirituel et intellectuel, et non pas simplement des réceptacles ou de simples participants.

L’école est très performante dans le programme du diplôme du baccalauréat international et a été la première à Macao à offrir le certificat général international d’études secondaires (en anglais), les deux diplômes internationaux les plus largement reconnus et acceptés par la majorité des universités dans le monde. Les élèves diplômés fréquentent souvent des universités réputées en Asie de l’Est, en Europe et en Amérique du Nord. L’école dispose également d’un programme d’éducation spécialisée pour les élèves ayant des besoins spéciaux.

L’éducation morale a commencé sous la forme de cours complémentaires au programme de base composé de l’anglais, du chinois mandarin, de l’histoire, des mathématiques, des sciences et d’autres matières. Mais de plus en plus, l’école s’intéresse à l’intégration de cette dimension dans toutes les matières.

« L’un de nos domaines d’apprentissage est la manière d’intégrer l’éducation morale à toutes les matières », a déclaré M. Nair.

Pour les élèves de la sixième à la quatrième, par exemple, l’école utilise un programme d’habilitation morale, proposé par la fondation Badi. Ce programme engage les jeunes dans l’étude de textes éducatifs pour apprendre à identifier les besoins locaux et à s’impliquer dans des projets de service et des activités visant à améliorer la réalité sociale et matérielle de leurs communautés. Il aide également les jeunes à comprendre l’application des principes moraux, tels que la gentillesse envers les autres, le service rendu à la communauté, l’honnêteté et la générosité, ainsi que l’unité et l’harmonie dans la famille, avec les amis et entre voisins. L’accent mis sur les principes moraux vise à inciter les jeunes à se consacrer au progrès de leur société.

’école a un projet en milieu d’année où des groupes d’élèves travaillent ensemble pour tenter de comprendre un problème social existant. « Le projet de cette année concerne l’inégalité des richesses, explique M. Nair. Ils vont donc étudier différents pays et commencer à comprendre certaines des causes des extrêmes de richesse et pauvreté et essayer de comprendre comment commencer à relever ces défis. »

Selon M. Nair, leurs efforts pour travailler dans un mode d’apprentissage – caractérisé par un processus d’action, de réflexion, de consultation et d’étude – ont été au cœur de la croissance de l’école au cours des trois dernières décennies. Cela permet d’examiner les défis, de tirer des enseignements et d’apporter des modifications. Les administrateurs et les enseignants de l’école se rencontrent régulièrement non seulement pour se concerter sur des questions de fonctionnement, mais également pour mieux comprendre le type d’éducation qu’ils proposent.

Aujourd’hui, environ 80% des élèves et près de la moitié des enseignants proviennent de Macao, ce qui enracine profondément l’école dans la communauté. Lorsque les enseignants et les élèves se concertent sur des projets de service, par exemple, ils ont une compréhension approfondie de la communauté dans laquelle ils ont vécu toute leur vie et des relations profondes avec d’autres personnes qui peuvent leur apporter de l’aide.

Pour plus d’informations sur les projets en matière d’éducation des bahá’ís, consultez (en anglais) : For the Betterment of the World (Pour l’amélioration du monde).