Bâtir des ponts : la Parent University pour l’égalité raciale aux États-Unis

August 19, 2020

SAVANNAH, ÉTats-unis — La Parent University (Université des parents), une organisation d’inspiration bahá’íe, aux États-Unis, puisent dans ses décennies d’expérience dans la promotion de l’égalité raciale à Savannah en Géorgie pour susciter une plus grande unité sociale à un moment de prise de conscience aigüe, dans le pays, des questions de préjugés raciaux. Cette organisation jette des ponts entre les citoyens et les représentants de l’administration locale, y compris le maire et le chef de la police, en organisant en ligne des espaces de discussions constructives qui traitent des problèmes d’égalité et de justice.

« On peut apporter des solutions à ces questions qui touchent notre communauté locale en développant une attitude d’apprentissage, relève Michael O’Neal, directeur exécutif de l’organisation. La Parent University a vu le jour il y a plus de vingt ans – lors d’un autre épisode de tensions en raison des inégalités raciales dans le système éducatif de Savannah – pour servir de maillon reliant les parents, les responsables de la ville et de l’éducation ainsi que d’autres membres de la communauté, dans un environnement d’apprentissage où l’on pourrait appliquer le principe bahá’í de la consultation, au lieu de l’affrontement qui avait abouti à une impasse. » Lors de ces réunions, les points de vue des divers membres de la communauté sont entendus en vue de parvenir à un consensus sur les actions à entreprendre.

Aujourd’hui, la Parent University offre des programmes éducatifs qui sont un lieu régulier de consultation entre parents et enseignants sur les problèmes auxquels leur communauté est confrontée, souvent avec la participation de l’administration de l’enseignement public et de la mairie.

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Une photo prise avant la pandémie actuelle. Dans les espaces de discussion organisés par la Parent University et basés sur le principe de la consultation bahá’íe, les points de vue de différents membres de la communauté sont entendus afin de parvenir à un consensus sur les actions à entreprendre.

Quelques jours seulement après l’éruption des troubles qui ont agité le pays, à cause de la violence policière à l’égard des citoyens afro-américains, l’organisation a invité le chef de la police de Savannah à une discussion en ligne avec des concitoyens. Que les responsables aient reconnu d’emblée qu’ils partageaient les préoccupations des membres de la communauté a contribué à une compréhension mutuelle qui était un préalable pour que l’on puisse échanger de manière constructive. « Je suis atterré et troublé par ce que je vois, a affirmé le chef de la police, Roy Minter. Je porte cet uniforme au travail, mais je vis tous les jours en tant qu’Afro-américain, donc je n’oublie jamais, jamais, d’où je viens, je n’oublie jamais tout ce que j’ai vécu… »

Les échanges qui ont suivi ont renforcé le sentiment d’une volonté commune des divers pans de la société d’améliorer les systèmes de sécurité publique.

« Nous savons que toute crise engendre de la créativité et des opportunités », a observé le maire Van Johnson lors d’une récente discussion organisée par la Parent University. Il a relevé que, lors des prises de décision, on avait fait en sorte d’inclure « des gens qui jamais auparavant n’auraient été autour de la table ».

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Photo prise avant la crise sanitaire actuelle. Dans les espaces de discussion organisés par la Parent University et basés sur le principe de la consultation bahá’íe, les points de vue de différents membres de la communauté sont entendus afin de parvenir à un consensus sur les actions à entreprendre.

Le maire de la ville et le chef de la police ont souligné le rôle déterminant que joue la Parent University en permettant une implication et un rapprochement entre les parents et les institutions locales et entre différents segments de la communauté qui autrement interagiraient rarement. « Pour nous, il est important de pouvoir répondre à un appel comme celui-ci et de continuer à utiliser les nombreuses pistes qui permettent d’améliorer les relations, mais aussi avec les jeunes de nos communautés », précise le chef de la police Minter.

Portant son regard sur l’avenir, M. O’Neal évoque la nécessaire transformation des relations entre les différents acteurs sociaux : « On ne se débarrassera pas du racisme avec des attitudes de conflit et d’opposition. Nous devons établir des relations d’intégration et de collaboration entre individus, communautés et institutions de la société, basées sur la reconnaissance que l’humanité est une. »