« La participation est la clé »: La chaire bahá’íe aborde la question de la sécurité alimentaire

10 février 2021
Des chercheurs et des praticiens se réunissent pour explorer des perspectives sur les défis complexes et multidimensionnels liés à la disponibilité de la nourriture et à son accès.

INDORE, Inde — La chaire bahá’íe d’Études sur le développement de l’université Devi Ahilya, à Indore, a récemment organisé un séminaire sur la sécurité alimentaire et la nutrition, une question qui est apparue au premier plan dans divers discours sociaux dans le monde et en Inde pendant la pandémie.

« Ce séminaire vise à rassembler des universitaires et des praticiens, dans une atmosphère qui ne renforce pas les divisions entre « nous » et « eux », afin que les participants puissent examiner certaines des causes sous-jacentes de l’insécurité alimentaire et de la malnutrition », déclare Arash Fazli, professeur adjoint et responsable de la chaire bahá’íe.

Cette réunion est la plus récente d’une série de rencontres que la chaire a organisées sur des questions liées à la migration urbaine, à l’éducation et à l’égalité des sexes qui ont été exacerbées par la pandémie.

Parmi les sujets abordés par les participants figurait l’impact des politiques agricoles et des forces du marché sur l’agro-biodiversité. Les participants ont noté que l’un des principaux défis posés par les politiques qui encouragent la monoculture est que les agriculteurs ont tendance à se concentrer sur les cultures de rente, à l’exclusion des plantes comestibles qui fournissent une riche source de nutriments et font partie de l’alimentation d’une région. En conséquence, les aliments cultivés localement sont devenus chers et moins accessibles pour les masses.

Participants à un séminaire sur la sécurité alimentaire et la nutrition organisé récemment par la chaire bahá’íe d’Études sur le développement de l’université Devi Ahilya, à Indore. De gauche à droite, rangée du haut : Arash Fazli, professeur assistant et responsable de la chaire bahá’íe, Dipa Sinha, professeur à l’université Ambedkar à Delhi, Vandana Prasad du Réseau de recherche en santé publique. En bas : Richa Kumar, professeur de sociologie à l’Indian Institute of Technology à Delhi, Rohini Mukherjee de la fondation Naandi. Diapositives
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Participants à un séminaire sur la sécurité alimentaire et la nutrition organisé récemment par la chaire bahá’íe d’Études sur le développement de l’université Devi Ahilya, à Indore. De gauche à droite, rangée du haut : Arash Fazli, professeur assistant et responsable de la chaire bahá’íe, Dipa Sinha, professeur à l’université Ambedkar à Delhi, Vandana Prasad du Réseau de recherche en santé publique. En bas : Richa Kumar, professeur de sociologie à l’Indian Institute of Technology à Delhi, Rohini Mukherjee de la fondation Naandi.

Parlant des limites d’une approche purement centralisée des politiques agricoles, Vandana Prasad du Public Health Research Network a déclaré : « Sommes-nous en train de…[dicter] ce que chaque village va manger ? Le travail participatif est un point de départ pour tous les programmes et politiques, ce qui signifie qu’il ne faut pas figer les choses au niveau central. … La décentralisation est la clé ».

Richa Kumar, professeur de sociologie à l’Institut indien de technologie de Delhi, a souligné que la participation des communautés locales devrait s’étendre à la production de connaissances. « Ce que vous allez produire et consommer au Bikaner, a-t-elle dit, est très différent de ce que vous produirez et consommerez au Bengale. Vous devez responsabiliser, renforcer les capacités au niveau local pour faire de la recherche afin de soutenir les agriculteurs… »

Photographie prise avant la crise sanitaire actuelle. Les participants au séminaire ont noté que l’un des principaux problèmes posés par les politiques qui encouragent la monoculture est que les agriculteurs ont tendance à se concentrer sur les cultures de rente, à l’exclusion des plantes comestibles qui fournissent une riche source de nutriments et font partie de l’alimentation d’une région. Diapositives
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Photographie prise avant la crise sanitaire actuelle. Les participants au séminaire ont noté que l’un des principaux problèmes posés par les politiques qui encouragent la monoculture est que les agriculteurs ont tendance à se concentrer sur les cultures de rente, à l’exclusion des plantes comestibles qui fournissent une riche source de nutriments et font partie de l’alimentation d’une région.

Au-delà des facteurs économiques et de la nécessité de décentraliser la prise de décisions, les participants ont examiné les liens entre les disparités entre les sexes et les causes de la faim et de la malnutrition. Un document préparé par la chaire et discuté lors de la réunion dit notamment : « Les femmes sont confrontées à des disparités sous la forme de négligence en matière d’éducation, de manque de choix en matière de reproduction et d’une nutrition inadéquate dès l’enfance, ce qui perpétue un cycle intergénérationnel de malnutrition. … Les femmes sous-alimentées, selon toute probabilité, deviennent des mères sous-alimentées. »

Photographie prise avant la crise sanitaire actuelle. La communauté bahá’íe d’Inde s’est engagée depuis des années dans les efforts visant à développer l’agriculture locale comme moyen de relever les défis sociaux et économiques. Ici, des participants au programme d’inspiration bahá’íe de préparation à l’action sociale en Inde étudient les techniques de l’agriculture locale. Diapositives
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Photographie prise avant la crise sanitaire actuelle. La communauté bahá’íe d’Inde s’est engagée depuis des années dans les efforts visant à développer l’agriculture locale comme moyen de relever les défis sociaux et économiques. Ici, des participants au programme d’inspiration bahá’íe de préparation à l’action sociale en Inde étudient les techniques de l’agriculture locale.

Rohini Mukherjee de la fondation Naandi a précisé : « De nombreuses enquêtes, dont la nôtre, ont montré que plus une mère est scolarisée, moins son enfant est susceptible de souffrir de malnutrition. »

Cependant, les participants ont fait remarquer que le fait de s’attaquer aux difficultés que rencontrent les femmes pour accéder à l’éducation ne résoudrait pas à lui seul le problème de la malnutrition. Dipa Sinha, professeur à l’université Ambedkar de Delhi, a précisé : « La malnutrition est multidimensionnelle et il y a de nombreux facteurs qui entrent en jeu : le rôle du genre, l’autonomisation des femmes, l’éducation et les moyens de subsistance. »

« Dans ces séminaires, nous essayons d’explorer les principes fondamentaux qui sont au cœur des questions morales, déclare M. Fazli. De telles discussions sont souvent négligées ou jugées trop idéalistes en raison d’un manque de reconnaissance du fait que la nature sous-jacente de la société est spirituelle, une réalité qui est vraie pour tous les êtres humains et qui donne aux communautés locales et aux individus la capacité de gérer leurs affaires. »