Au Tchad, le rassemblement des chefs ouvre de nouveaux horizons

31 janvier 2021

BARO, Tchad — Dans la région de Guéra au Tchad, une trentaine de chefs de la région se sont rassemblés dans le village de Baro pour discuter de l’avenir de leur peuple. Cette réunion fait partie d’une douzaine de réunions de ce type qui ont été organisées ces deux dernières années dans tout le pays par la communauté bahá’íe en collaboration avec les chefs traditionnels.

« De nombreux chefs ont exprimé le désir d’en apprendre davantage sur les activités bahá’íes de construction communautaire qui sont en train de rassembler les habitants de leurs villages pour aborder différents problèmes sociaux », explique Prime Tchompaare, un membre de l’Assemblée spirituelle bahá’íe du Tchad.

Le chef de la région de Baro (à gauche) et d’autres dignitaires s’adressant à l’assemblée des chefs traditionnels. Diapositives
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Le chef de la région de Baro (à gauche) et d’autres dignitaires s’adressant à l’assemblée des chefs traditionnels.

La réunion elle-même a fourni un exemple de la manière dont les principes spirituels sont essentiels aux discussions sur le progrès. L’un des chefs participant a déclaré : « Unité, harmonie religieuse, amour, service à la société – l’idée de considérer ces thèmes comme le point de départ pour trouver des solutions à nos défis nous permet vraiment de voir des choses que nous ne pouvions pas voir auparavant. » Un autre participant a décrit l’importance de la réunion, en indiquant : « Bien que nous ayons toujours dirigé nos communautés en nous basant sur notre héritage culturel, cette réunion unique nous permet de réfléchir très profondément à notre rôle dans la promotion de l’unité et de la paix et de réfléchir à l’éducation de nos enfants. Ce genre d’espaces peut nous aider à être à l’avant-garde pour répondre aux aspirations de notre communauté. »

Photographie prise avant la crise sanitaire actuelle. Les programmes éducatifs bahá’ís au Tchad créent des liens d’amitié et des capacités pour servir la société. Diapositives
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Photographie prise avant la crise sanitaire actuelle. Les programmes éducatifs bahá’ís au Tchad créent des liens d’amitié et des capacités pour servir la société.

Les consultations menées lors de la réunion ont permis aux chefs d’examiner de nombreuses questions sociétales différentes, tout en s’inspirant en partie de l’expérience des bahá’ís du Tchad dans leurs efforts de renforcement communautaire. »

L’éducation morale des enfants et des jeunes était un des sujets qu’ils ont explorés. À la réunion, M. Tchompaare a souligné les aspects des programmes éducatifs bahá’ís qui développent les capacités de service, expliquant : « À travers ce processus, les jeunes développent la capacité à réfléchir ensemble sur les besoins de leurs communautés, ils en rejoignent d’autres pour servir leur localité, et ils voient de nouvelles possibilités. Ils désirent rester plus longtemps dans leurs communautés pour contribuer à la prospérité à long terme. »

L’un des chefs à la réunion a observé que ce processus éducatif recèle un grand potentiel, en particulier pour les jeunes, déclarant : « Il peut contribuer à remédier à de nombreux maux dont nous souffrons, tels que les tensions entre les générations ainsi que l’exode rural. En tant que chefs, nous avons depuis longtemps l’habitude de rassembler des jeunes pour leur enseigner nos traditions et nos enseignements religieux. Nous réfléchissons maintenant à la manière dont cette coutume peut être adaptée pour aider davantage les enfants à développer ce dont ils ont besoin pour l’époque actuelle et à embrasser le monde avec une plus grande ouverture, tout en restant connectés à leur héritage. »

Photographies prises avant la crise sanitaire actuelle. Sur cette photo, des participants à des initiatives des bahá’ís du Tchad de renforcement de la communauté. Diapositives
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Photographies prises avant la crise sanitaire actuelle. Sur cette photo, des participants à des initiatives des bahá’ís du Tchad de renforcement de la communauté.

L’évolution de la culture était un autre thème abordé par les chefs lors de la réunion. Les discussions ont mis en évidence la nécessité d’un examen plus approfondi de certaines pratiques coutumières qui peuvent constituer des obstacles à une plus grande participation des femmes aux affaires communautaires.

Un autre domaine de grand intérêt pour les chefs est celui des approches permettant de résoudre les désaccords entre les gens. « Dans nos villages, il y a de fréquentes tensions entre les agriculteurs et les éleveurs à propos de la terre », a expliqué l’un des chefs.

« Je crois que cela ne peut être résolu, a-t-il poursuivi, que par le genre de consultation, de tolérance et d’atmosphère de prière que nous voyons dans cette réunion. L’idée d’encourager la vie de dévotion d’une communauté, impliquant tous les habitants, est très inspirante. Cela attire les cœurs et peut offrir un chemin vers une plus grande harmonie. »

À l’issue de la réunion, les chefs ont prévu d’organiser eux-mêmes d’autres réunions similaires dans leurs localités respectives, pour explorer les mêmes thèmes avec les membres de leurs communautés.