Au Yémen, libération de six bahá’ís emprisonnés par les Houthis

30 juillet 2020

Cet article, traduit en arabe, est disponible ici.

La Communauté internationale bahá’íe vient de confirmer la sortie de prison de six éminents bahá’ís, après plusieurs années de détention injustifiée par les autorités houthies, à Sanaa, au Yémen.

Les six bahá’ís – MM. Hamed bin Haydara, Waleed Ayyash, Akram Ayyash, Kayvan Ghaderi, Badiullah Sanai et Wael al-Arieghie – sont dans un endroit sûr où ils pourront reprendre des forces après avoir enduré des conditions d’emprisonnement difficiles d'une durée entre trois et presque sept ans.

Après cette libération, la Communauté internationale bahá’íe a demandé la levée de toutes les accusations portées contre ces six personnes et les autres bahá’ís inculpés, la restitution de leurs biens et propriétés et, plus important encore, la garantie des droits de tous les bahá’ís du Yémen de vivre selon leurs convictions religieuses sans risque de persécution.

« Nous nous félicitons de ces libérations tout en restant sérieusement préoccupés, reconnaît Mme Diane Ala’i, représentante de la Communauté internationale bahá’íe. Alors que le Yémen poursuit sa quête d’une paix sociale durable, les bahá’ís – comme tous les Yéménites – doivent pouvoir pratiquer leur foi en toute sécurité et liberté, en vertu des principes universels de la liberté de religion ou de conviction. Cela ne sera guère possible tant que ces accusations ne seront pas levées. »

La Communauté internationale bahá’íe tient à exprimer sa gratitude à l’envoyé spécial des Nations unies au Yémen ainsi qu’au bureau du haut-commissaire des Nations unies pour les droits de l’homme. Nous adressons également nos remerciements aux gouvernements et aux organisations non-gouvernementales qui ont apporté leur soutien tout au long de ce processus.

Contexte et informations

M. Haydara, ingénieur, a été arrêté en raison de ses croyances religieuses sur son lieu de travail en décembre 2013. Après un long procès au cours duquel les droits de la défense ont été bafoués, il a été condamné à mort en 2018. Son appel a été rejeté en 2020.

M. Ghaderi, chargé de projet, a été arrêté en 2016 lors d’une descente sur un rassemblement. En avril 2017, M. Waleed Ayyash, chef tribal yéménite, a été interpellé alors qu’il se rendait à Hudaydah, puis séquestré dans un lieu inconnu. Le mois suivant, M. Al-Arieghie, un militant des droits civils, a été enlevé par les autorités à Sanaa, et M. Sana’i, ingénieur civil réputé au Yémen, âgé de plus de soixante ans, a été arrêté devant son lieu de travail. En octobre 2017, M. Akram Ayyash, responsable d’une organisation à but non lucratif, a été arrêté lors d’une descente des forces de sécurité à l’occasion d’une célébration bahá’íe. En septembre 2018, ces cinq personnes, ainsi que dix-neuf autres, ont été inculpées lors d’une audience d’un tribunal de Sanaa sous des accusations sans fondement.

La libération de ces six personnes intervient quatre mois après une intervention télévisée de M. Mahdi Al Mashat, président du Conseil politique suprême de Sanaa, fin mars 2020, au cours de laquelle il a ordonné la libération de tous les bahá’ís et gracié M. Haydara.