« Qu’avons-nous appris de la crise sanitaire ? », c’est la question soumise aux chercheurs par la Chaire bahá’íe pour la paix mondiale

July 15, 2020
La Chaire bahá’íe pour la paix mondiale de l’université du Maryland a invité des chercheurs à contribuer à des articles pour une série intitulée « Apprendre pendant la pandémie de Covid-19 ». En se référant aux contributions, Hoda Mahmoudi, titulaire de la chaire, déclare : « L’intention de cette série a été d’enrichir la compréhension et les connaissances, ce qui à son tour permet d’agir davantage. Pour que les choses changent, il a toujours fallu qu’un petit groupe de personnes, aux idéaux nobles mais réalistes, et remplis d’espoir, commencent à agir avec détermination. »

COLLEGE PARK, Maryland, ÉTats-unis — Au cours de ces derniers mois, la pandémie a frappé des millions de personnes, provoquant la maladie, les difficultés économiques et d’autres crises et suscitant une réaction héroïque de personnes de tous horizons, en particulier des travailleurs de première ligne. Cette période sans précédent a également provoqué des débats de fond sur le progrès social.

En avril, la Chaire bahá’íe pour la paix mondiale, à l’université du Maryland, a invité des chercheurs à proposer des articles pour une série intitulée « Apprendre pendant la pandémie du Covid-19 ».

« Cette crise révèle les deux facettes de la nature humaine, nous amenant à réfléchir à la manière dont nous souhaitons sortir de cette période, a déclaré Hoda Mahmoudi, titulaire de la Chaire bahá’íe pour la paix mondiale. Aurons-nous fait des progrès réels – pas seulement en apparence – pour parvenir à plus d’unité et de solidarité ? »

Les articles explorent les effets de la pandémie sur l’économie, l’environnement, les médias et d’autres domaines de la vie. La façon dont la crise sanitaire a révélé de grandes inégalités dans la société est un thème commun.

Alison Brysk, de l’université de Californie à Santa Barbara, décrit le racisme et les violations des droits de l’homme comme des maladies qui se propagent dans la société par le biais de « la notion d’altérité » et de « l’atomisation sociale ». Mme Brysk note que la lutte contre l’adversité et l’oppression a toujours été tributaire de la solidarité sociale. « Cela suggère que notre capacité à faire face à l’épidémie de déshumanisation sera la clé non seulement pour survivre à l’épidémie du coronavirus, mais aussi pour survivre en tant que civilisation. »

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La Chaire bahá’íe pour la paix mondiale de l’université du Maryland a invité des universitaires et des acteurs sociaux à proposer leurs réflexions sur la crise sanitaire et les enseignements qui se dégagent de cette période. Les articles étudient les effets de la pandémie sur l’économie, l’environnement, les médias et d’autres domaines de la vie. Le thème commun à tous les articles est la manière dont la crise sanitaire a révélé de grandes inégalités dans la société.

Dafna Lemish de l’université Rutgers aux États-Unis traite des inégalités numériques. Le thème dominant dans le discours public sur l’utilisation des médias par les enfants, explique Mme Lemish, concernait le « temps passé devant un écran », mais maintenant la focalisation pourrait changer : « …les inégalités numériques ont été clairement exposées pendant cette crise comme un symptôme de nombreuses et profondes inégalités sociales structurelles : inégalités d’appropriation des médias et d’accès à l’internet et aux services de flux continu, inégalités créées par des conditions de vie qui ne permettent pas une utilisation appropriée et souhaitée des médias et inégalités en matière de culture, de connaissances et de compétences numériques, pour pouvoir utiliser au mieux les médias. »

Melissa Nursey-Bray de l’université d’Adélaïde étudie comment le capitalisme et la consommation à outrance en milieu urbain ont déconnecté les gens les uns des autres et de la nature et propose des réflexions sur la façon dont la pandémie fournit une lueur d’espoir pour des modes de vie différents.

« Notre attention, auparavant concentrée sur les loisirs et le désir d’acheter, a été remplacée par la nécessité de prêter attention à d’autres pratiques quotidiennes, mais aussi très importantes, qui impliquent notre famille et mettent l’accent sur des modes de vie et des priorités plus locales », écrit Mme Nursey-Bray. L’article expose également la nécessité de créer des espaces urbains où les gens peuvent se réunir et engager le dialogue sur des modes de vie durables.

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Photo prises avant la crise sanitaire actuelle. Fondée en 1993 au sein du College of Behavioral and Social Sciences de l’université, la Chaire bahá’íe pour la paix mondiale de l’université du Maryland est un programme universitaire subventionné qui promeut l’examen interdisciplinaire et le discours sur la paix mondiale, en générant des connaissances qui favorisent les intérêts et le bien-être de l’humanité.

Commentant un autre thème de la série, l’autonomisation des femmes, Mme Mahmoudi déclare : « Une forte proportion des travailleurs indispensables pendant la pandémie était des femmes. Tout en apportant d’énormes contributions à la société, par exemple comme prestataires de soins de santé et travailleuses sanitaires, de nombreuses femmes ont également assumé une grande partie du travail à domicile, s’occupant des jeunes et des personnes âgées de leur famille. Et pourtant, malheureusement, la violence à l’égard des femmes a augmenté.

« Les femmes ont toujours joué un rôle important dans toute société, mais leurs importantes contributions sont souvent négligées et méconnues. La pleine participation des femmes à la construction d’un monde différent dans lequel elles pourront jouir de la pleine égalité d’éducation et de chances, ainsi que d’une voix égale dans la prise de décisions, est essentielle pour créer un ordre social durable. Tant qu’elles n’auront pas la pleine égalité, la paix ne sera jamais réalisée. »

En se référant aux contributions reçues jusqu’à présent, Mme Mahmoudi déclare : « L’intention de cette série a été d’enrichir la compréhension et les connaissances, ce qui à son tour permet d’agir davantage. Pour que les choses changent, il a toujours fallu qu’un petit groupe de personnes, aux idéaux nobles mais réalistes et remplis d’espoir, commencent à agir avec détermination. »

Les articles de cette série sont publiés en anglais sur le blog de la Chaire bahá’íe pour la paix mondiale.