Critiquant les structures sociales, des chercheurs associent l’autonomisation des femmes à la paix et au progrès

October 14, 2019

COLLEGE PARK, MARYLAND, ÉTats-unis — Lors d’une récente conférence de deux jours organisée le mois dernier par la Chaire bahá’íe pour la paix mondiale (en anglais) à l’université du Maryland, College Park, des universitaires et des praticiens de divers domaines ont examiné la relation indissociable entre la promotion de la femme et la création de sociétés prospères et pacifiques.

Face aux grands défis auxquels l’humanité est aujourd’hui confrontée, des entretiens et des discussions en groupe ont permis d’examiner les insuffisances des structures sociales contemporaines et d’explorer le rôle de premier plan que les femmes doivent jouer dans la recherche de véritables solutions.

« Malgré les progrès réalisés en matière d’égalité des femmes, nous sommes très loin de comprendre pleinement l’ampleur des changements nécessaires pour parvenir à une pleine égalité entre les femmes et les hommes, a expliqué Hoda Mahmoudi, titulaire de la Chaire. Nous devrons créer un nouvel ordre social avec de nouvelles normes et de nouvelles institutions construites avec la participation pleine et égale des femmes. »

Les orateurs ont examiné de manière critique les principaux obstacles qui empêchent la participation des femmes dans toutes les sphères de la société. Ils ont notamment conclu que les structures de la société concentrent aujourd’hui la prise de décision à tous les niveaux entre les mains d’un nombre relativement restreint de personnes, excluant en grande partie les femmes, que la science est utilisée à mauvais escient pour renforcer les préjugés à l’égard des femmes et, dans certains cas, pour justifier les abus commis par des hommes à certains postes de pouvoir et que les lois et les politiques excluent ou désavantagent souvent les femmes, bloquant leur progrès ou fixant des plafonds.

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Des orateurs et des participants s’entretiennent lors d’une pause à la récente conférence de la Chaire bahá’íe sur l’égalité des femmes et des hommes.

Les discussions en groupe ont également porté sur les contributions des femmes au changement social positif. Margaret Satterthwaite, de la faculté de Droit de l’université de New York, a parlé des femmes autochtones (en anglais) du monde entier qui apprennent à travailler avec les systèmes juridiques et à les façonner afin de surmonter les structures oppressives. Brandy Thomas Wells, historienne de l’université d’État de l’Oklahoma, a décrit les contributions des femmes afro-américaines (en anglais) aux mouvements pour la paix du XXe siècle et de nos jours.

D’autres orateurs ont décrit les contributions importantes apportées par les femmes aux efforts de consolidation de la paix, notant que les négociations de paix auxquelles les femmes participent en tant qu’actrices principales ont tendance à être plus fructueuses et plus durables.

« Là où les femmes sont représentées en plus grand nombre dans les groupes de la société civile et dans la législation, il y a moins de violence et de guerre, a déclaré Mme Mahmoudi. Selon de nombreuses études, des niveaux plus élevés d’égalité des femmes sont associés à une moindre propension aux conflits entre et à l’intérieur des États. »

Les intervenants ont également souligné la nécessité de changements structurels dans la société pour parvenir à l’égalité des hommes et des femmes. Marie Berry, de l’école d’Études internationales Josef Korbel de l’université de Denver, a expliqué (en anglais) à quel point les réformes progressives ne seraient pas suffisantes.

« Comment allons-nous réellement chercher à construire des mouvements qui changent les systèmes et ne reproduisent pas la violence de ces systèmes ? Comment pouvons-nous construire des mouvements qui contestent et démantèlent ces systèmes et reconstruisent des sociétés plus justes, plus inclusives, plus démocratiques et plus pacifiques ? », a-t-elle déclaré.

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Une étudiante posant une question lors de la récente conférence de la Chaire bahá’íe sur l’égalité des femmes et des hommes.

Concernant la conférence, Mme Mahmoudi a expliqué que l’événement avait révélé d’importantes questions sur les exigences relatives à de nouveaux modes de pensée et de comportement et à de nouvelles structures sociales reflétant le principe de l’égalité des femmes et des hommes.

L’autonomisation des femmes est l’un des cinq thèmes centraux de la Chaire bahá’íe (en anglais) auxquels elle s’intéresse dans le cadre de son mandat qui consiste à faire progresser la recherche et le dialogue sur la paix dans le monde. La Chaire continuera à ouvrir des espaces aux principaux universitaires et praticiens pour qu’ils puissent échanger des idées et explorer de nouvelles perspectives sur la promotion de la femme et ses relations avec la paix et la prospérité mondiales.

Les conversations et les discussions de la conférence peuvent être visionnées sur la chaîne YouTube de la Chaire bahá’íe (en anglais).

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Au cours d’une des tables rondes, Brandy Thomas Wells, historienne de l’université d’État de l’Oklahoma, parle de la contribution des femmes afro-américaines aux mouvements pacifistes actuels et à ceux du XXe siècle.